Tandis que la ville de Rennes annonce 0% d’augmentation sur le budget associatif, le conseil général d’Ille et Vilaine prévoit une baisse d’au moins 20% pour les associations départementales… Pendant ce temps là, le nombre d’associations continue de croître. Dynamisme associatif ? Pas si sûr !

Suppressions des taxes professionnelles, réduction drastiques des budgets de certains ministères, crise financière omni présente et cohortes de chômeurs annoncés… Peu de secteurs sortent indemnes du marasme actuel. Qu’en est il des associations ? Elles sont bel et bien concernées par les resserrements budgétaires !

En France, on estime que le nombre d’associations augmente d’environ 15% par an… sur 1,2 millions de structures en activité, le chiffre d’assos créées à la journée commence à faire mal à la tête et c’est peut être déjà là que le bât blesse. En effet, les ressources humaines bénévoles ne sont pas extensibles à volonté… sans parler de l’aspect financier qui est de plus en plus morcelé. Avec 300.000 emplois créés entre 2000 et 2008, l’associatif se révèle être un secteur non négligeable dans l’économie du pays mais qui peut se retrouver extrêmement fragilisé de par l’augmentation exponentielle de ces dites associations. De moins en moins de budget pour un nombre croissant de structures, l’équation n’est pas complexe, même pour le plus mauvais des matheux, il va falloir partager et les baisses qui peuvent apparaître comme infimes pour certains vont déjà léser les grosses structures.

Où les chiffres peuvent se révéler étonnants, c’est notamment sur les secteurs associatifs concernés par cette hausse : en lauréat, on trouve les associations culturelles et les associations sportives qui représentent à elles seules près de 40% des créations. En troisième position arrive le thème « loisirs »… on peut déjà voir là un effet pervers du désengagement de l’état quant à certains dossiers, notamment pour l’aspect « associations culturelles » qui découle malheureusement de la réforme des intermittents du spectacle. Le statut juridique associatif permettant « le défraiement » de spectacles en lieu et place de véritables contrats artistiques désormais trop onéreux. En ce qui concerne les associations sportives, leur augmentation est inquiétante alors que l’état s’est désengagé à hauteur de moins 10% pour les offices municipaux des sports et de moins 5% pour les associations… le crédit destiné à financer l’encadrement des jeunes assuré par les associations sportives baisse de près de 20 % ! … pendant que l’aide au sport de haut niveau progresse de 10%. Peut être un élément de réponse à l’ « Identité nationale » ?

Progression constante également dans le secteur de la santé : toxicomanie, handicap, aide aux accidentés du travail, don du sang, don d’organes… Dans ce secteur, les associations n’hésitent pas à mener un « combat de terrain », même si leur augmentation marque un manque des pouvoirs publics et la désaffection d’un secteur hospitalier plus que fragilisé.

On peut également signaler l’augmentation des structures dites de type « préservation du patrimoine »… Identité nationale ?

Par contre, baisse des secteurs liés au social comme les associations caritatives, humanitaires, du bénévolat et de son développement, services familiaux et aux personnes âgées. Cette stigmatisation des réseaux sociaux est malheureusement de plus en plus incontestable et marque l’effondrement d’un système de valeurs dans notre société, même dans le milieu associatif qui se veut pourtant «  social et solidaire  ».

Parallèlement, le nombre de fondations augmente ! Cinq fondations créées en 1999… 52 en 2008. Depuis la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, la création de fondations est en perpétuelle progression… Faut il voir là une volonté de l’état afin de rapprocher le monde de l’entreprise et celui, pourtant intimement différent, des associations ? En tout cas, l’Ile de France a connu une progression très nette en création d’associations et près de 60 % des fondations se trouvent… en Ile de France.