Un emballage intelligent qui mesure la fraicheur d’un produit et qui envoie les données à votre téléphone… « ce » pourrait être une solution quant aux risques d’intoxication et au gaspillage alimentaire, voire même le meilleur moyen d’assurer la parfaite traçabilité de certains aliments.

 

Dialoguer avec un steak pour s’assurer de sa comestibilité, mesurer l’état de mûrissement des fruits et même détecter d’éventuelles bactéries, ça représente un sacré bond pour l’industrie agro-alimentaire… sans oublier le consommateur !

Finis les doutes quant à une viande emballée, l’emballage saura vous apporter réponse sur son éventuelle consommation.

Actuellement, il existe deux types d’emballage : le plus classique, de type passif, est constitué de plusieurs couches de plastique dont le rôle est d’empêcher les agressions extérieures représentées par l’oxygène, la vapeur d’eau ou tout simplement les éraflures dues au transport et à la manutention. Le problème, c’est l’utilisation de nombreuses couches de plastique. Tant le plastique assure une bonne barrière contre l’oxygène, il n’est pas pour autant efficace contre la vapeur d’eau et sa manipulation reste fragile.

L’emballage actif, lui, est déjà en interaction avec son environnement et ceci, par deux actions distinctes. Tandis que l’un absorbe, l’autre émet. Le premier absorbe donc l’oxygène, la vapeur d’eau ou le gaz carbonique tandis que l’autre émet des conservateurs pour conserver au mieux l’aliment, le rendre plus présentable ou le faire mûrir, même si emballé. Faire mûrir un fruit dans sa barquette et son film plastique, on a vu des chemins plus naturels.

 

Détecter les anomalies

A l’école Polytechnique de Montréal, le professeur Ajii a décidé d’analyser les gaz issus de la dégradation des aliments et de créer les outils capables de les détecter. La viande, le poisson ou bien encore les fruits ne génèrent pas le même gaz selon l’avarie ou le pourrissement. Le professeur s’emploie donc à créer de nouveaux outils de détection capables d’interagir avec le consommateur. Outils qui pourront dépendre de techniques de repérage complètement différentes.

L’une est basée sur la mesure du pH et de la réaction acide-base, par l’adjonction de nanoparticules sur une membrane constituée de nano-fibres. Tandis que le gaz est émis suite à la détérioration du produit, la membrane change de couleur tout en informant le consommateur sur l’état du produit emballé.

La technique de fluorescence est plus spécifique quant à l’identification de bactéries. Et d’autant plus intéressante et innovante quand on connaît la dangerosité de bactéries comme la salmonelle ou, pire encore, la Listeria. La solution consisterait à produire un détecteur chimique capable d’émettre un signal fluorescent dès qu’il identifie une bactérie. Signal fluo pouvant être capté par un téléphone, voire une caisse enregistreuse.

La dernière technique étudiée porte sur la conductibilité des matières et leur rapport à l’électricité. Dans ce cas, le gaz dégagé interfère le courant électrique… action qui peut être vecteur d’informations sur une source lumineuse plus ou moins intense selon la quantité de gaz dégagée. Informations pouvant aussi être analysée par un téléphone.

Tant d’informations accessibles directement par le consommateur peuvent évidemment changer la donne dans la chaine de l’agro-alimentaire et réduire énormément de déchets. Une fois les emballages intelligents commercialisés, ils seront accessibles tant à l’usage professionnel que familial. Une bonne façon de lutter contre le gaspillage alimentaire puisque ces outils communicants permettront de lever une bonne part d’ombre sur nos frigos. Quant aux frigos partagés, ils n’auront plus à gérer l’aspect sanitaire des dons… seulement s’ouvrir et partager.

A suivre…