En 2014, le C.A.C. (Collectif des associations Citoyennes) estime à plus de 250.000 le nombre d’emplois associatifs menacés, et ceci pour la seule période 2014-2017.

Toujours d’après les estimations du CAC, ce sont 25000 emplois supprimés en 2014, 65000 pour 2015, 80.000 en 2016 et 90.000 pour l’année 2017. L’addition est lourde! Plus de 260000 salariés sont concernés par cette « régulation », ce qui fait un taux de près de 15% sur les 1,8 millions de salariés du secteur associatif. Près de 10% des salariés français. Et c’est sans compter sur les millions de bénévoles actifs qui verront disparaître leur mission d’intérêt public. Toute cette masse salariale est effectivement là pour mener des actions de soutien aux pouvoirs publics. Que ce soit dans l’action sociale, culturelle, l’environnement, la solidarité ou encore l’éducation populaire, les coupes sont franches et brutales. Certaines structures se retrouvent démunies, du jour au lendemain, comme si leur mission d’intérêt général était devenue subsidiaire. Véritables béquilles des pouvoirs publics, les associations voient leurs emplois menacés par « un plan social » gigantesque, elles qui ont « mangé » du terrain pour établir un lien, pour faire durcir le ciment social indispensable à toute société moderne. Ce fameux ciment, cette proximité, indispensable à une cohésion nationale si durement ébranlée ces derniers temps.

 

Fin d’un modèle social…

La fragilisation, voire la fin d’un modèle social unique, tissé patiemment depuis 1901… et le dur reflet d’une société en perte de vitesse en ce qui concerne les luttes contre les inégalités. On parlait plus haut de cohésion… ces mesures apporteront un fractionnement social durable. Certains parlent d’« atomisation », parfaite image d’une ère individualiste qui se dessine de plus en plus clairement.

Après, le modèle associatif survivra… Ces coupes budgétaires ne concernant bien sûr que les structures associatives dotées de subventions, celles qui sont employeuses de professionnels. Le million d’associations ne comptant que des bénévoles ne sera que peu concerné par ces mesures. Reste à connaître leur champ d’action et leur propension à fédérer et à instaurer du lien social.

A suivre