Pour sa 7eme édition, le festival K-barré se croque autour d’une ambiance très joyeuse et facétieuse… Le thème : « Sales Gosses ». Concerts, théâtre, vidéo, expos… Le tout coordonné par Damien, coordinateur général . Assorennes a voulu en savoir un peu plus en interrogeant ces grands qui sont restés petits dans leurs têtes… En raison du blocage de l’université du 23 au 27 mars 2009, le festival a été reporté du Mardi 3 novembre au Vendredi 6 novembre 2009, Campus de Villejean, Université Rennes 2.

Quand s’est crée l’association Scen’art, par qui et dans quels intérêts ?

Simon : L’association a été crée en 1996 par un enseignant du département Arts du Spectacle qui était responsable des ateliers de pratique et un groupe d’étudiants. Au début, cette association était dédiée à l’aide à la création de projets de courts métrages étudiants. Puis, petit à petit, les activités se sont développées vers l’ensemble de la cinéphilie, que ce soit projections, créations, places de cinémas…

Parlez-moi un peu du festival en lui-même…

Simon : Le festival en lui-même a d’abord été créé en 1999 (pour le printemps 2000)… le Forum des Arts se déroulait alors sur trois jours et était proposé par un collectif d’associations désireuses de proposer au public étudiant leurs projets et créations de l’année. Puis le Forum des Arts s’est agrandi en passant sur une durée de cinq jours pour devenir le festival K-barré à partir de 2003. Le but est d’ouvrir aux manifestations et étudiants qui ne sont pas dans le tissu associatif… mais aussi à des associations non « culturelles » ayant des choses à proposer… comme les associations de langues, par exemple. Cela permet à tout le monde d’avoir une petite place dans ce festival ouvert à tous.

K-barré… D’où vous est venue l’idée … ?

Simon : ah oui ! La première année, l’ambiance générale du festival était axée autour du music-hall et du cabaret. Le nom officiel d’alors était (et est toujours d’ailleurs !) Semaine de la Création Etudiante. Ce n’était pas très glamour. Et c’est là que quelqu’un a lancé l’idée du K-barré… car on ne peut pas barrer un K ! Mais c’est aussi la possibilité de faire toutes les déclinaisons imaginables avec le K comme le K-ctus, la K-bane, le K-(z) ou (comprendre cas-où), la K-ravane, la K-bine… Tiens, par exemple, la K-bine, c’était un projet qui a eu lieu il a y quelques années, et qui se déroulait dans les toilettes du bâtiment d’arts plastiques. Elles avaient été entièrement recouvertes de papier mâché aux tons noir et blanc pour donner une impression de caverne. De la musique a été diffusée en boucle avec un casque et on pouvait entendre une voix racontant des histoires. L’intérêt était que le public pouvait venir s’y ressourcer, dans cette K-bine, tout en écoutant et en admirant le graphisme !

Pour cette 7eme édition, pourquoi un thème sur l’enfance ?

Simon : Parce qu’il en fallait un !

Damien : Au départ, j’en discutais avec une copine qui voulait faire une marelle géante. Puis tout simplement, on a proposé le thème de l’enfance…

Simon : j’ai quand même réussi à les faire un peu dévier de l’idée originelle. Le souci, c’est qu’ils voulaient partir dans un concept « retour en enfance », style « génération minikeums » et ce genre de choses… ça ne parle qu’à une certaine portion du public et ça ne balaye pas assez large. Je ne voulais pas tomber dans un concept purement générationnel… soit on faisait une génération Club Dorothée, soit une génération minikeums, soit une génération KD2A,… D’où l’idée de partir sur Sales Gosses, de « la guerre des boutons » au « le petit Nicolas », qui sont des références beaucoup plus intemporelles.

Damien : Il y a également un petit clin d’œil au fait que c’est la 7eme édition, donc 7 ans, l’âge de raison. Et nous, on a choisi l’âge de déraison !

Simon : Le thème sert surtout à créer une ambiance sur le festival, et non pas à structurer la programmation. Il permet à la fois de donner une idée graphique et scénographique au festival mais aussi de souder l’équipe autour d’un projet commun. Les années où le thème était plus ou moins imposé par une partie de l’équipe ou d’autres années où le thème était décidé par défaut, la cohésion au sein de l’équipe se faisait quand même moins bien sentir. C’est vrai que cette année, tout le monde a embarqué sur Sales Gosses

Revenons un peu à Scèn’Art… Salariés ? Bénévoles ?

Simon : L’association a son bureau… Une sorte de conseil d’administration également, mais c’est tout nouveau. Avant ca, les renouvellements d’équipe se faisaient chaque année, un petit peu au pied levé, avec les gens qui étaient là au moment où il fallait renouveler le bureau. Donc il y a un conseil d’administration qui a été crée seulement cette année et qui se met en place plus sérieusement pour la prochaine assemblée générale. Mais le bureau et le conseil d’administration s’occupent uniquement de l’activité cinéphilie. A coté de ça, il y a une autre partie de l’association, une espèce de « bureau off », qui s’occupe du festival. Ce n’était d’ailleurs pas trop le cas les autres années car les deux activités étaient très confondues. Là, on est en train de faire la séparation et l’an prochain, on aura un bureau/président/trésorier/secrétaire pour la cinéphilie et de l’autre coté un vice président/trésorier adjoint pour le festival. Sinon au niveau des bénévoles, il y en a une vingtaine qui tournent sur les projets de films et les projets de l’association en rapport avec la cinéphilie. Il y a une vingtaine de personnes bénévoles qui s’occupe du festival K-barré pendant l’année pour la mise en place…. Encore une vingtaine-trentaine de bénévoles pour le temps du festival…. Et enfin, l’association ne compte pas de salariés mais un volontaire associatif que je suis ! Le volontariat associatif est quelque chose qui est mis en place par l’état dans le cadre du service civil volontaire. Ce service permet à des jeunes de moins de 25ans de se consacrer pendant 6 ou 9 mois à une mission d’intérêt général au sein d’une institution publique ou d’une association. D’ailleurs, c’est beaucoup plus développé dans les associations. Ce statut permet d’être indemnisé et de se consacrer pleinement à la mission et à l’organisation sans avoir à se soucier des contraintes financières.

Quels sont vos partenaires ?

Damien : Comme partenaires publiques, nous avons l’université de Rennes 2 dans son ensemble, Rennes Métropole et la Ville de Rennes. En apport financier, le service culturel et le FSIE (Fond de Soutien aux Initiatives Etudiantes). Et en plus du subventionnement du festival, on a l’aide logistique de l’université qui nous conseille et nous met à disposition des locaux. Rennes 2 est quand même notre partenaire principal. Sinon, on a des partenariats qui sont plus ou moins renouvelés tous les ans. La Maison de Quartier de Villejean par exemple, qui nous permet d’étendre notre programmation hors de l’université. Nous avons aussi l’Adhec ou encore la Maison du théâtre amateur avec une soirée programmée dans leurs locaux. Les partenaires varient énormément d’une année sur l’autre. Sinon, nous n’avons pas de partenaires privés…

Avez-vous un budget pour l’association/festival ? Et comment obtenez-vous les subventions ?

Damien : nous avons à peu près 60% du budget qui provient de l’université et 15% qui proviennent du Service Culturel et le FSIE soit 75% qui sera consacré à la réalisation du festival. Après, nous avons l’aide des collectivités territoriales, que ce soit Rennes Métropole ou encore le Crous. Les subventions ne concernent pas uniquement l’aspect financier. L’Université, par exemple, nous met à disposition des moyens matériels comme la mise à disposition des salles ou du matériel technique qui provient de la CREA ce qui nous évite d’en louer. Au final, le coût réel du festival est moindre en terme financier qu’il ne parait. Le festival vaut plus ce qu’il ne coûte !

Par quels moyens ce festival gratuit peut-il être reconduit chaque année ?

Simon : La reconduction du festival pour une année est surtout due au succès de l’édition précédente ! Le festival est encore trop jeune pour qu’on puisse l’envisager sur du long terme et de manière pérenne. On ne peut pas organiser et programmer les festivals des années suivantes tant que celle qui est en cours ne sera pas produite. S’il y a un vrai succès auprès du public, cela nous rendra crédibles auprès des partenaires financiers qu’on a pu avoir pour les années suivantes et ainsi gagner leur confiance. Les bénévoles qui auront participé cette année là seraient plus aptes à proposer leur aide et prendront ainsi de plus grandes responsabilités pour ce qui est à suivre. Mais tout est soumis au succès de l’édition précédente puisque c’est justement totalement gratuit. Du fait que ce soit la 7eme édition, on passe de la location de matériel à un réel investissement afin de se constituer un parc qui nous soit propre.

Pourquoi gratuit ?

Damien : Parce que c’est bien !! Et parce que ça laisse une liberté aux personnes de choisir ce qu’elles ont envie de voir dans tout ce que l’on propose. On connaît la réalité des étudiants vu que l’on est nous même étudiants ! Par exemple, une soirée à 2-3euros, ca peut freiner certains à venir. Même avec un tarif symbolique, à partir du moment où on paie, on en veut pour son argent. On ne veut pas être déçu ! Au vu des nombreuses activités qu’on propose, chacun doit être libre de pouvoir aller vers son intérêt propre sans devoir à chaque fois passer devant la caisse. C’est aussi un vrai argument pour se faire financer auprès des partenaires. Pouvoir annoncer la gratuité assure le coté visibilité de l’évènement… Le fait aussi que le festival sert de tremplin à des jeunes talents qui n’ont bien évidemment pas la carrure à se montrer dans des soirées payantes. Le but est de faire découvrir, pas de faire des bénéfices.

Ce festival s’adresse uniquement à un public étudiant ?

Damien : On a un public très majoritairement étudiant. Pour beaucoup, étudiants de Rennes 2 et surtout en filière artistique. On essaie d’intéresser déjà les étudiants d’autres filières qui sont moins présents. Etant donné qu’on a des soirées à l’Adhec et à la Maison de Quartier, on essaie d’attirer aussi un public non étudiant. Le but est de permettre aux groupes d’étudiants qui présentent leurs projets de se faire connaître à un public autre pour ne pas rester en circuit fermé !

http://festival.kbarre.free.fr/