Réduire drastiquement ses déchets domestiques jusqu’à hauteur de presque 100 %, chimère ou bien…? Non, le zéro déchet, ça existe. La ville de San Francisco s’en est fait le chantre, incitant le citoyen à devenir éco-responsable et en recyclant les milliers de tonnes de déchets… 

Depuis 2005, le Frisco des hippies a joué le jeu, « poubellisant » les restes de repas, jusqu’à revendre des millions de tonnes de compost qui fertilisent les terres de Californie du Nord. Même les quelques 5000 restaurateurs sont rentrés dans la danse, réalisant pour le coup des économies sur leur taxe de collecte d’ordures. Les décharges publiques et les incinérateurs, ça fait partie de l’Histoire ancienne, voire même de l’Antiquité: « Toutes ces méthodes ancestrales de gestion des déchets, c’est contre productif… ça coûte cher, ça pollue les sols et ça ne génère pas d’emplois. » De l’engagement et du courage politique, il en a fallu beaucoup pour en arriver là. Au pays de la surconsommation, c’était compliqué de faire évoluer les lignes. Surtout chez les industriels. Mais le bras de fer diplomatique entre les élus et l’industrie a été gagnant. A partir de 2006, un label écologique est créé. Il devient le sésame indispensable pour implanter son activité et travailler à San Francisco. Quant au citoyen lambda, il est sensibilisé en permanence par de nombreuses campagnes de communication. Il est encadré et éduqué… et on lui propose des alternatives. De nombreuses enseignes proposent depuis longtemps des produits en vrac. On y arrive avec ses contenants et on fait le plein. Cette communauté écologique y a même gagné un « nom de guerre », les « zero wasters ». Adeptes d’écologie et de décroissance, ils ont réussi à réduire de presque 100 % leurs déchets, certains d’entre eux générant à peine un kilo de matières non recyclables par an et par famille. Un truc qu’on pensait impensable au pays de l’Oncle Sam. Même si les autres états américains restent à l’amende, l’exemple san-franciscain marquent les esprits et ça s’accélère fort en gestion des déchets dans le reste du pays. Contrairement à la France qui, même si elle n’est pas dans le peloton de tête des pollueurs internationaux, n’a absolument pas su revoir sa copie en terme de recyclage..

Un gaulois, c’est 536 kgs de déchets par an. Si on ajoute sa quote part de déchets industriels dits « professionnels », c’est quand même 13,8 tonnes de déchets par an et par habitant … ça commence à vous faire réagir? C’est normal parce que c’est énorme! Et surtout quand on sait que, sur ces chiffres pesants, 36% du volume est à destination de la décharge, 30% finissent à l’incinérateur et ce ne sont que 20 % des déchets qui sont valorisés. La gestion biologique, c’est à dire le compostage, a du mal à atteindre la barre des 14%. Dommage. Surtout quand on connaît la haute qualité du compost pour la terre et l’agriculture. Les initiatives citoyennes germent cependant, tant en ville qu’à la campagne…

A suivre…