L’association « les Éditions de juillet » vient de sortir son 14e livre,,, « Rok, de 1960 à nos jours, 50 ans de musique amplifiée » fait revivre la naissance de la scène rock and roll en Bretagne, Du Val André à Gourin, en passant par Nantes, les balbutiements du rock breton s’inscrivent sous différents noms d’oiseaux, d’animaux ou, symbole du modernisme naissant, sous des pseudonymes auréolés de la bannière étoilée, c’est selon, Pour tout savoir sur les Rapaces, les Loups Noirs ou les Sunsets, découvrir les racines celtiques du Mod Ronnie Bird ou les liens entre le Finistère et la scène folk psychédélique anglaise,,, Rok s’inscrit dorénavant dans la mémoire collective bretonne.

Le livre Rok, c’est trois ans de travail ! Même si « le livre n’est pas exhaustif, loin de là ! On n’a pas voulu faire une encyclopédie,,, » Yves Bigot est président de l’association des Editions de Juillet, Créée il y a 6 ans, la structure regroupe des passionnés d’images, ou plus précisément de photographies, avec une vision assez militante :  » jusqu’alors, nous n’avons sorti que des livres sur la thématique du photographe et des photographes reporters,,, que ce soit « destins clandestins », « mourir d’amiante » ou « kurdes, de l’ombre à la lumière », nous avons vraiment voulu faire des ouvrages militants,,, Pas que de jolis portraits sur papier glacé ! Une partie des bénéfices de ventes de ces livres ont d’ailleurs été reversés à des associations, » 14 bouquins en six ans d’existence, c’est une somme de travail considérable,,, surtout quand l’on sait que la structure ne compte que huit bénévoles et qu’elle édite de forts jolies choses, « L’année 2011 va être chargée ! Nous avons en prévision un livre sur la communauté d’Emmaüs pour mai 2011, « Si Senor » sort en janvier, un livre reportage de François Legeait sur Phnom Penh et bien sûr le tome 2 de Rok pour novembre 2011, Cela fait encore de belles œuvres sur la photographie à venir, bien que nous avons l’intention d’élargir le champ de vision de notre politique d’édition, de sortir un peu de la thématique « photo », comme on l’a d’ailleurs fait avec Rok,,, on va plus marcher au coup de cœur ! »

Rok 1, pressé à 3000 exemplaires, est donc le premier tome concentré sur la période de 1960 à 1989, Le deuxième opus passera en revue les années 90 jusqu’à 2010, C’est vraiment une première que ce travail de collectage sur le patrimoine rock breton, surtout quand le regard balaye l’ensemble de la Bretagne, ne se bornant pas à fixer Rennes comme « la capitale de la scène rock » : « dans les années 60, surtout avant 1968, il n’existe que deux groupes sur Rennes,,, rien à voir avec la vitalité d’une ville comme Brest ou même le centre Bretagne, comme Gourin,,, L’histoire de Gourin est tout à fait incroyable dans le sens où il y a toujours eu des liens très forts entre Gourin et les États Unis, Liens tellement forts qu’Air France avait installé un comptoir dans le bourg de Gourin pour faciliter les voyages outre Atlantique des autochtones ! La compagnie AF a même été jusqu’à payer une statue de la Liberté à la ville,,, Bref, il y avait une scène rock à Gourin dans les années 60, certainement le fait de ce rapprochement Gourin/US, les gens ramenaient des disques de leurs voyages et les musiciens cherchaient à reproduire ce qu’ils écoutaient, ce qu’ils aimaient,,,Un des grands témoins de Rok, c’est André Sévénéant, vendeur d’instruments de musique à Gourin, S’il y avait un magasin d’instruments, c’est qu’il y avait de la demande,,, »

Grand témoin ! C’est bien là dessus que repose Rok,,, plus que sur de la collection privée ! Il y a bien eu des recherches, des enquêtes, de la compulsion d’archives,,, que ce soit au musée de Bretagne, dans les archives d’Ouest France ou dans celles du Vauban, les rédacteurs de Rok ont passé à la loupe des centaines de documents mais Yves Bigot insiste bien sur la notion de « grands témoins » :  » il y a des gens que l’on retrouve à différentes époques, à différentes étapes, comme Jean Pierre Boyer par exemple,,, ces grands témoins sont des passeurs de mémoires et on a préféré se reposer sur ces pierres angulaires pour faire remonter les infos,,, un système un peu pyramidale qui a permis de remonter assez loin, d’être le plus précis possible, sans chercher « La vérité absolue », Quand l’un nous dit que la première guitare basse est arrivée en 1962 et que l’autre nous dit que c’était en février 1963, c’est pas très important,,, Disons que nous avons tous une mémoire sélective, Donc de grands témoins, mais aussi le travail iconographique de nombreux photographes, comme Dumas, Craddock et bien d’autres, sans compter les photos de « famille »,,, des trésors visuels et des témoins capitaux pour l’élaboration de Rok, »

Superbe travail d’édition, Rok est bourré de photos, d’anecdotes, d’histoires fantastiques comme seul le rock peut en produire,,, On se plonge dedans la tête baissée, bercé par le récit simple de ces mélomanes de tout poil, oubliant rapidement la thématique du livre (y a t-il une spécificité du rock en Bretagne ?) pour se concentrer sur toutes ces petites histoires forgeant une identité musicale de territoire,,, Vivement la suite !

Vous pouvez commander le livre directement sur le site de l’association :

http://www.editionsdejuillet.com