Quand on pense invention scientifique, on a tendance à imaginer, immanquablement, une sorte de Professeur Tournesol ou un Doc Sinoque, cheveux hirsutes et rire grinçant. Ici, on abandonne toute forme de caricature, le stéréotype est faussé en la personne de cette jeune « scientifique » canadienne de 17 ans qui vient d’inventer un pansement révolutionnaire. Sandrine Bayard, québécoise de Port-Cartier, vient en effet de créer un pansement de cellule bactérienne et graphène, capable de mesurer la quantité de bactéries présentes dans une plaie et ceci par une mesure électrique.

L’idée de Sandrine germe il y’a quelques temps, lors d’un accident familial: sa grand mère se brûle assez gravement en renversant son thé bouillant. Le changement régulier des bandages occasionne des manipulations sensibles ou douloureuses, ce qui amène l’équipe médicale à adopter la pose de pansements longs termes qu’il est prévu de ne retirer qu’une fois les plaies soignées. La patiente y gagne en confort mais, malheureusement, une infection se développe et le processus de soins est de fait prolongé. Sandrine Bayard est piquée au vif par la guérison lente de Mère Grand et décide de réfléchir sur un pansement permanent qui pourrait communiquer avec « l’extérieur », un pansement intelligent qui enverrait des infos sur une éventuelle infection.

Allo maman, bobo…

Elle part sur l’idée d’un pansement de cellulose bactérienne, souvent utilisé en médecine régénérative grâce à sa grande pureté. Ce pansement conducteur peut quantifier le nombre de bactéries dans une plaie et ceci par une mesure électrique. Parce que les bactéries, en nombres suffisantes, sont capables de déclencher un signal électrique analysable. Après l’utilisation des bactéries comme « espions détecteurs » et ceci après les avoir quelque peu modifiées (diagnostic in vitro par des cellules vivantes ou bactéries qui représentent les mêmes atouts que des nano machines capables de détecter, traiter et répondre à de nombreux signaux), on utilise une fois de plus ces organismes cellulaires (autrefois redoutés et diabolisés) à des buts thérapeutiques.

La jeune lycéenne de Port-Cartier s’est vu ouvrir les portes des laboratoires de l’Université de Laval afin de mettre en pratique son ingénieuse trouvaille. Younès Messaddeq, titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur l’innovation en photonique dans le domaine de l’information et de la communica tion , lui a donné carte blanche dans les labos le temps d’un été… Une véritable ouverture en terme de collaboration et un parfait exemple de la relation Makers/chercheurs En moins de deux mois, Sandrine Bayard a transformé son essai… Une invention fabuleuse et concrète qui va permettre aux grands brûlés ou aux patients diabétiques de réduire fortement la durée des soins quant à leurs affections et plaies. Son travail est déjà réputé pour avoir un impact sur la santé partout dans le monde. La jeune québécoise a reçu les honneurs de l’expo-science pancanadienne et six différentes bourses d’entrée dans les universités canadiennes.