Déçue par vingt ans de piétinement du développement durable, l’association rennaise Ecoo, part en périple à travers la Bretagne. Le but : découvrir des acteurs économiques à conscience écologique et se lance le défi de le faire… à vélo.

 

L’économie sociale et solidaire qu’est-ce que c’est ? Vaste question pour un concept un peu flou. Et le développement durable ? Un terme utilisé pour la première fois dans le rapport Brundtland, synthèse de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU en avril 1987. Il définit le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures … »

C’était il y a tout juste 23 ans, presque un quart de siècle et qu’est-ce qui a changé depuis ? « Pas grand chose en fait » répond Cyril Hoccry-Lescarmure, président de l’association Ecoo, formée il y trois mois et dont l’objet est de recenser les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) et du développement durable en Bretagne. « En vingt-trois ans, on aurait eu le temps de sauver des espèces, de faire disparaître la faim, de réfléchir et de stopper la progression de technologies comme les OGM, le nucléaire, les nanotechnologies… et aujourd’hui, au final, l’écologie, c’est le capitalisme vert, c’est tendance et plein de requins » explique Cyril.

Mais finalement, les membres de l’association ne connaissent ces questions qu’au travers des médias de masse, des discours politiques ou des campagnes de communication institutionnelles de l’ESS. La dizaine de membres de l’association a donc décidé de se lancer un défi : voyager un mois à vélo, à la rencontre d’acteurs de l’économie sociale et solidaire et du développement durable.

Ce projet s’intitule «  Ecoo-tour  » et aura lieu au moi d’août 2010. Le groupe de jeunes prévoit de faire un périple en vélo de huit étapes en Bretagne. Chaque étape sera l’occasion de rencontrer des acteurs locaux, de monter un stand de sensibilisation et d’animation, de produire une émission de web-TV par étape et de faire un documentaire restituant tout le périple.

Si les étapes ont été choisies arbitrairement, et avant tout par rapport à leur emplacement géographique, elles correspondent cependant à des enjeux écologiques locaux. Et sur le seul territoire de la Bretagne, ils sont déjà nombreux.

Saint-Suliac, l’association s’interrogera sur l’usine marémotrice et les questions environnementales et énergétiques qu’elle suscite. A Saint-Michel-en-Grève, elle évoquera entre autres les algues vertes. A Brennilis elle s’attaquera aux questions liées au démantèlement de la centrale nucléaire. A Silfiac, elle s’intéressera à l’éco-village et aux initiatives du réseau BRUDED . Pour Guérande, les problématiques ne sont pas encore fixées. En passant par l’estuaire de la Loire, les cyclistes s’attarderont sur la problématique de la centrale thermique de Cordemais. Quant à Nantes et Rennes, focus sur les problématiques liées à l’écologie en milieu urbain.

Huit enjeux très différents et complexes. Enjeux que les membres de l’association ne maîtrisent pas forcément : «  Nous ne sommes pas des spécialistes, nous sommes néophytes et nous venons pour découvrir ces problématiques. » explique Cyril Hoccry-Lescarmure. Il s’agit donc d’un voyage initiatique, l’occasion aussi de se lancer un autre défi : laisser la voiture au garage.

Tous habitants de Rennes, les membres de l’association pratiquent le vélo à des fréquences très variées. Certains l’utilisent tous les jours en ville, d’autres périodiquement, et certains pas du tout. Par exemple Aurore, manager chez le clown Ronald, travaille beaucoup et tard le soir, elle est fatiguée quand elle sort du travail et n’arrive pas à se mettre au vélo… Les autres, étudiants ou jeunes travailleurs de bureau reste une bonne partie de la journée assis sur une chaise.

Pour s’entraîner, l’association organise des sorties à vélo d’un ou deux jours, une fois par mois, pour tester leur capacité physique à tenir les kilomètres. La boucle de l’écoo-tour en fait plus de 900, mais en réalité, les cyclistes prévoient déjà de faire une partie du chemin en train, faute de temps.

Les membres de l’association sont encore en train de monter le projet. Ils contactent des acteurs bretons, préparent les feuilles de routes et recherchent également d’autres amateurs de vélo disponibles en août pour participer à la première édition de l’écoo-tour.

www.ecoo-asso.fr