Largement influencé par un mouvement né aux Etats Unis d’Amérique en 2009, les croque livres promènent leur petite monstruosité pleine de bonhomie et de couleurs à travers le territoire québécois. L’intention première de sensibilisation à la lecture se partage avec la notion de partage et de don.

Inspiré du mouvement américain « prends un livre ou donne un livre », le concept se rebaptise Croque-livres au Québec. Fortement implanté dans la Belle Province avec plus de 200 points de partage, l’initiative est encadrée par la Fondation Lucie et André Chagnon, organisme menant des actions sur la stimulation éducative chez les jeunes enfants. Le principe est simple et terriblement bienfaisant: stimuler la lecture chez les enfants de 0 à 12 ans par l’implantation d’un réseau de boîtes de partage de livres… on prend un livre ou on en dépose un dans un point de chute prévu à cet effet et repéré au préalable sur une carte interactive. Ceci pour les parents. Les enfants n’ont pas grand mal à repérer les boites stratégiques tant leurs formes et couleurs détonnent dans le paysage urbain.

« Je suis un croque-livres. Nourris moi de livres et dévore mes livres à ton tour. »

Avec une allure inspirée de petits monstres et des formes et design abordés de façon ludique, des couleurs les plus souvent vives, des emplacements adéquats, tout est fait pour que bambins et plus grands se familiarisent rapidement avec cette nouvelle forme de mobilier urbain « interactif » et basé sur l’échange social. La boite a été pensée et conçue par la firme Dikini pour la Fondation Lucie Chagnon… Vous pouvez acheter un modèle en ligne, le construire d’après les plans fournis gratuitement ou le réaliser vous-même, rien n’est exclu! Seule l’initiative compte… et l’inscrire dans le réseau! Les croque-livres peuvent être peints et décorés de façon complètement originale, avoir un nom ou un pseudonyme, qu’importe et vive la diversité… La charte exige simplement une position précise, géo localisée sur une carte interactive et que le croque-livres soit visible et simple d’accès pour les enfants. L’idéal, c’est bien sûr de positionner le monstre littéraire dans des endroits stratégiques: chemin emprunté pour se rendre à l’école ou directement dans les écoles, extérieur de bibliothèques, centre de loisirs, locaux associatifs, maison des jeunes voire même chez les particuliers, si la configuration le permet. A Montréal, le problème ne se pose pas vraiment pour les gens habitant un rez de chaussée et généralement en possession d’un petit jardin en façade. Dans certains quartiers, les croque-livres ont trouvé place dans les ruelles arrière, dynamisant ces espaces un peu oubliés. Ces dites ruelles sont en plein réassort, comme ressuscitées des pages de Michel Tremblay.

 

Ces boites de partage ont également le grand mérite d’encadrer de façon souple le don de livres usagés. On en vient à structurer en quelque sorte le sacro saint « bouquin laissé sur un banc », que ce soit dans un parc ou abri de transport en commun. Et là, on parle plus d’un usage à destination des plus grands. Une « vieille tradition » nord américaine reposait sur le fait d’abandonner un livre qu’on avait adoré sur un banc public, un abri de bus, à la laverie ou tout autre endroit public qui se prête à la lecture. Ceci dans le but de partager, modestement. Souvent, les livres étaient jetés ou abimés par la pluie, emportés par le vent… Avec ces monstres à livres, les grands peuvent également pratiquer le partage et l’échange, comme on peut déjà l’apercevoir sur certains croque-livres, ici, à Montréal.

La fondation Chagnon, du club Kiwanis à l’esprit de famille.

Le but hautement philanthropique de la fondation Chagnon est de contribuer au développement et à l’amélioration de la santé par la prévention de la pauvreté et de la maladie, en agissant principalement auprès des enfants et de leurs parents et en ciblant particulièrement la réussite éducative des jeunes Québécois. Son président, André Chagnon, est le créateur de la société de télédistribution et de câblodistribution videotron.

Dans les années 60, André Chagnon, membre actif du Club Kiwanis, s’efforce de venir en aide aux plus démunis. Son implication l’amène à participer à la création de divers organismes, parmi lesquels Terre-des-Jeunes, un centre de stimulation et d’aide pour jeunes déficients ainsi que Portage, un centre de désintoxication.

Alors qu’il est à la tête du groupe Vidéotron, André Chagnon embauche des personnes handicapées afin de leur procurer une première expérience professionnelle et ainsi les aider à s’insérer dans la société canadienne. L’entreprise apportait aussi son soutien à diverses initiatives principalement dans les domaines de l’éducation, de la santé, des arts et des sports.

Préoccupés par la pauvreté et les inégalités sociales, les membres de la famille Chagnon se sont investis, également pendant de nombreuses années, auprès d’organisations de bienfaisance. Dès 1988, ils décident d’investir une partie de leurs avoirs dans le secteur de la philanthropie en créant une fiducie qui deviendra la Fondation Lucie et André Chagnon. En 2000, la famille Chagnon injecte 1,4 milliard de dollars dans la Fondation, en vue de mener, en partenariat, des projets de société à long terme axés sur le développement optimal des enfants, de la conception à 17 ans, ainsi que sur la promotion des saines habitudes de vie.
La Fondation Lucie et André Chagnon est aujourd’hui la plus importante fondation privée au Canada.

Club Kiwanis, Fais pour autrui ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi!

Kiwanis est l’adaptation phonétique du terme amérindien « nunkee-wan-nis », « signifiant « nous avons plaisir à partager nos talents ». Devenu « Kiwanis », il se traduit par « expression de soi-même ». Organisation bénévole et humaniste fondée en 1915 à Détroit, dans le Michigan, le club Kiwanis est devenu international et compte plus de 600.000 membres bénévoles. Le club encourage et intronise définitivement le respect des valeurs humaines et spirituelles aux dépens des valeurs matérielles. Sa règle d’or est « fais pour autrui ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi. » L’engagement principal du club international Kiwanis est de défendre et servir les enfants dans le monde et ceci à travers de nombreuses actions humanitaires et caritatives.