Association créée en 2000, Bretagne prospective est un « club de réflexion sur l’avenir de la Bretagne » et sur ses perspectives de développement, tant sur l’aspect social, culturel, politique mais aussi économique avec de forts liens dans le domaine de l’entreprenariat…

 

« Nous désirons créer et entretenir une véritable synergie entre les acteurs bretons. » Christian Demeuré-Vallée, chargé de mission, prône l’ancrage au niveau du développement régional breton… Déjà présente dans l’affaire du logotype « Produit en Bretagne » (vous savez, le phare éclairant kouign amann et thon à l’albacore, etc), l’association travaille en étroite collaboration avec le conseil régional : « nous sommes philosophiquement proches… ».

Un « point » levé pour la Bretagne

C’est notamment avec la Région que Bretagne Prospective a entamé une réflexion sur l’Internet breton… et plus précisément sur l’extension en Point BZH (.bzh). L’histoire commence avec la proposition d’un député finistérien officiant sur la protection des noms de collectivité sur Internet… L’élu soulève la question du .bzh, suscitant l’engouement du milieu culturel qui y voit un renforcement identitaire et communicant… Le site Internet quimpérois eurominority.org lance une pétition en ligne qui atteint rapidement 18.000 signatures. L’aventure se précise et, devant l’engouement du public breton, une assemblée générale constituante se tient à Quimper aboutissant à la naissance de l’association Point BZH. Après un vote positif du Conseil Général, Bretagne Prospective se voit confier le montage du dossier avant de le présenter auprès de la commission de l’ICAN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Cette structure « associative » américaine est en charge des noms de domaine et des codes nationaux tout en assurant une représentation globale des communautés sur l’Internet Mondial. Bretagne Prospective se retrouve donc en charge de l’étude de faisabilité, étude basée sur un sondage « plus local » auprès du tissu breton, tant dans sa dimension associative que commerciale, mais aussi auprès du public breton… L’association oriente également ses recherches auprès de l’ICAN même, sans oublier le système catalan qui bénéficie déjà de sa propre extension en .cat Les résultats de l’étude dévoilent un optimisme, certes, mais relativement modéré quant à la réelle approbation par le public breton : « il y a de gros enjeux quant à l’aspect politique, culturel ou économique… nous avons recensé de 8 à 10.000 utilisateurs potentiels sur la Bretagne, c’est grosso modo l’équilibre économique indispensable au projet mais le concept est communautaire donc les utilisateurs publics devraient suivre et adhérer… l’aspect militant est bien présent dans cette demande, la cohésion devrait se faire à l’instar des catalans car ce « point bzh » est aussi un ancrage linguistique et culturelle fort pour la région… Le « net » devient ainsi un espace synonyme de démocratie et de liberté où « petites nations » et langues minoritaires trouvent vie et jouissance. Sur le plan de vue historique, c’est un joli petit pied de nez ! » L’échéance se précise puisque l’ICAN est prête à recevoir le dossier au cours de l’été 2009… coût du dépôt du dossier : 300.000 dollars. « Si l’on reste sur les bases du calendrier avancé, le premier .bzh est prévu pour début 2010… ce sera certainement le site de l’association .bzh ! Ensuite viendront prioritairement les sites liés à la promotion de la culture bretonne… »

Pour en savoir un peu plus sur « Bretagne prospective »… entretien avec Christian Demeuré-Vallée

Quelle est la ligne fondatrice de l’association ? Philosophie première ?

La philosophie première de l’association était de recréer l’esprit du CELIB. Au-delà d’une organisation, le CELIB (Comité d’Etude et de Liaison des Intérêts Bretons) a été une sorte de grand mouvement de mobilisation collective de la société civile entre les années 50 et 70. Il a largement entraîné des élus de toutes tendances, des responsables économiques et syndicaux, des représentants culturels et associatifs pour faire pression sur l’Etat et obtenir des moyens pour le développement économique et social de la Bretagne, à une époque où celle-ci était très en retard. Evidemment le contexte aujourd’hui est différent. L’idée première est donc de proposer un lieu de réflexion commune pour le développement de la Bretagne – envisagée dans ses dimensions économiques, sociales ou culturelles – à des personnes issues de différents horizons professionnels ou politiques. Une des idées de base est que l’identité culturelle et territoriale (par exemple la tradition de mutualisme, les savoir-faire spécifiques, les ressources naturelles propres, etc.) doit être un point de départ du développement. Partant de là, il s’agit de proposer une « vision bretonne » du monde, dans un contexte de plus en plus ouvert, et non de subir des visions imposées depuis Paris ou Bruxelles par exemple.

Qui est à l’origine de la création de l’asso ? Pourquoi cette création ?

L’association a été crée, en 2000, par quelques élus de différents tendances politiques intéressés par le développement de la Bretagne et par la recherche d’une plus grande reconnaissance culturelle et politique pour celle-ci. Il s’agissait de préoccupations qu’ils ne retrouvaient pas dans leurs partis respectifs. De là a émergé l’idée d’un lieu de réflexion commun pour faire progresser collectivement leurs idées et arguments sur le sujet. L’association a évolué à partir de 2004, elle s’est repositionnée sur un axe plus social et économique et un peu moins politique.

Fréquence des comités d’administration ? fréquence des assemblées générales ?

Le conseil d’administration se réunit trois fois par an en moyenne et l’assemblée générale se tient une fois par an.

Montant des subventions à l’année ?

L’association perçoit environ 25 000 euros de subventions de la part de la région Bretagne et de plusieurs départements. La somme sert à l’animation de la structure : organisation de plusieurs groupes de réflexion, conférence-débats, newsletter, publications diverses, site Internet etc. Elle perçoit à l’occasion des subventions spécifiques pour faire avancer certains projets qu’elle propose aux collectivités, comme par exemple la création d’un portail internet/mobile consacré à la Bretagne.

Nombre d’adhérents ?

Elle compte une soixantaine de « cotisants », mais la notion d’adhérent est plus vaste car de nombreuses personnes, environ 120 participent à nos travaux.

www.bretagne-prospective.org