La structure associative Ay Roop opère une mission de soutien pour les cirques depuis 2005. De Rennes, elle mutualise ses compétences et son savoir faire afin d’accompagner 6 compagnies circassiennes européennes. Ay Roop propose un temps fort sur le cirque contemporain à Rennes, du 06 au 08 avril, à la salle Guy Ropartz.

 

Ay roop, c’est le cri de force des tchèques qui montaient les structures des chapiteaux de cirque au 18e… Un cri de travail correspondant à notre «  Ho ! Hisse !  » C’est aussi le nom choisi par la structure associative rennaise… bien qu’elle ne propose pas de spectacle sous chapiteau à l’instar des cirques traditionnels : « pas de chapiteaux ! Pas d’animaux » nous rappelle Olivier Daco, chargé de production.

La structure associative gère, depuis Rennes, le soutien logistique pour 6 compagnies de cirque : Trois sont en Bretagne, une à Grenoble, une à Helsinki et une à Lausanne. Chaque compagnie de cirque est également sous le régime associatif. « Le soutien logistique est allégé par rapport à un cirque traditionnel, notamment par l’absence d’animaux et l’absence de chapiteau qui est somme toute une architecture lourde en terme de logistique. Le fret est plus que réduit, ce qui nous permet d’être très mobiles et de pouvoir jouer partout. Ay Roop, c’est quatre salariés organisés en pôles de compétences… une personne à l’administration, un chargé de diffusion et logistique de tournées, un chargé de production et un responsable du calendrier des tournées…. »

L’association Ay Roop ne touche aucune subvention et n’a pas de partenaires privés, préférant largement parier sur leur projet et sur la venue du public :  » Le cirque contemporain peut être déroutant pour le public qui s’attend à voir la piste aux étoiles… D’ailleurs, nous n’aimons guère ce terme de cirque contemporain… On préfère « cirque moderne » ou « nouveau cirque ». On pourrait dire aussi « autre cirque ».

Jonglage, théâtre de marionnettes, danse, magie, vidéo, numéros d’acrobates, voltige, arts numériques, clowneries, le tout souvent en musique avec la présence de vrais musiciens : « Nos circassiens mélangent tous les arts et sont des artistes complets, mêlant les disciplines classiques du cirque entremêlées de burlesque ou de poésie… on n’est plus dans la tradition du cirque d’antan avec un acrobate qui ne fait que de l’acrobatie, on mêle les arts et ça, c’est nouveau. Avec le CNAC, centre national des arts du cirque, il y a vraiment une nouvelle génération de professionnels qui débarquent. La France commence à avoir une très bonne réputation dans le domaine. On n’est plus dans la filiation des grandes familles du cirque comme auparavant… Rares étaient les gens étrangers au monde du cirque qui devenaient circassiens. Le cirque moderne apporte une ouverture… »

Les adeptes de femmes à barbe, « freaks » en tous genres ou d’animaux en cage seront certainement un peu déroutés… mais ne peuvent qu’être envoûtés par l’univers particulier proposé : « Nous cherchons avant tout à déclencher une atmosphère, un univers et nous voulons un moment convivial. Par exemple, nous ne « cachons » pas les techniciens, on voit les changements de plateau et tout l’environnement inhérent au métier, on veut monter la face cachée. Nous ne sommes pas là pour installer une thématique mais un propos. »

Intitulées  » ay-roop fait son numéro de cirque : soirées pour les arts du cirque et leurs écritures courtes », les représentations à la salle Guy Ropartz sauront certainement apporter aux rennais amateurs de « grandes virtuosités au service de l’imaginaire » de bien grandes satisfactions, comme avant eux un public « international » :  » Bien que basé sur Rennes, c’est pour nous une première de montrer le travail de nos compagnies ici même. Nous avons exporté notre travail dans l’Europe entière, en Asie du sud est, Nouvelle Calédonie, Chine, Brésil, Argentine ou au Texas… mais pas à Rennes. C’est un souhait, à la base, afin de ne pas faire du surplace… »

http://www.ay-roop.com/