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Liberté, danse... et plus si affinités.

Addams Bamba, AKA Addamson, autodidacte vidéo, et son acolyte Willy Boy, lancent Urban Expression, quinzième association rennaise dédiée à la promotion et à la diffusion de la culture Hip-hop dans l’agglomération rennaise. Ces deux activistes, fraîchement débarqués de Paris, s’implantent dans la capitale bretonne avec une vision de la danse Hip-hop clairement définie et des projets ambitieux. A découvrir en reportage vidéo !


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Fracture sociale, Bronx et apologie de la Funk : la genèse du mouvement Hip-Hop

Etats-Unis, le fossé social entre la bourgeoisie blanche et les populations noires les plus défavorisées s’accentue dans les décennies 50 et 60. La crise sociale à laquelle la communauté afro-américaine est confrontée, se complique et s’intensifie avec l’arrivée de nouveaux émigrés caribéens et latins, en quête de rêve américain. Les leaders politiques, les mouvements radicaux et révolutionnaires émergent, ils récusent légitimement l’inégalité démocratique et la ségrégation, héritières de l’esclavagisme. Parallèlement, dans les quartiers déshérités, les gangs se multiplient et les vagues de violence se succèdent. Après dix années d’effusions de sang, de conflits inter et intra-communautaires, le Hip-hop, influencé par le succès de la Funk et de la Soul, prend ses racines puis s’affirme comme forme d’expression non-violente salutaire.

Les premiers pas du Hip-hop sont attribués à Clive Campbell, DJ Cool Herc, émigré jamaïcain qui a su rapidement déceler l’enthousiasme des danseurs du Bronx au moment des breaks, dont le plus célèbre, et pionnier reste celui de "get on the good foot" de James Brown. Cool Herc instaure les Block Parties, Sound System de funk improvisé dans les rues du Bronx, grâce auxquels il pose les prémices du DJing, et notamment l’art du « passe-passe » : l’astuce consiste à mixer les mêmes morceaux sur deux platines différentes afin de prolonger les breaks et le plaisir des danseurs. La breakdance devient rapidement populaire, Cool Herc multiplie les block parties en conviant tour à tour les représentant des quartiers New-Yorkais. Les MCS invités dans ces soirées ont commencé par chauffer les B-Boys et dédicacer les morceaux en prenant le micro : le toasting est né, il s’affinera au fil du temps.

Aka Kahyan Aasim, autre figure incontournable du Hip-hop, participera également à l’essor de cette nouvelle culture. Ancien membre d’une faction radicale des Black Spades, il œuvre pour la jeunesse des banlieues et fonde la « Bronx River Organization ». Il tente d’écarter les jeunes du chemin de la délinquance et de la violence en canalisant leur rage par des pratiques artistiques. Il aperçoit ainsi le potentiel salvateur de ce nouveau courant et intègre le Hip-hop à sa cause. Le « godfather » du Hip-hop,Afrika Bambataa, a apporté une dimension expressive et civique au mouvement. A travers son pseudonyme et « Zulu Nation », le dernier nom de sa fondation, il a su rappeler aux jeunes de la rue l’importance de leurs origines. Smurf, lock, pop, electric boogie, headspin, coupole, footwook, freeze... Les déclinaisons sont nombreuses et les apports novateurs se font pléthore... ils symbolisent le métissage, la rencontre perpétuelle ente l’héritage africain et le monde moderne occidental.

L’association

Urban Expression, dont les principaux fondateurs sont issus des milieux de la danse, de la chorégraphie ou de la vidéo, compte, après deux mois d’existence, une quarantaine d’adhérents. Ces adhésions constituent un premier apport budgétaire pour l’association, qui ne bénéficie pour l’instant d’aucun soutien extérieur. Hébergé par la Maison de Quartier de Francisco Ferrer, avec qui les affinités se sont rapidement nouées, Urban Expression propose à ses adhérents deux cours de danse hebdomadaires tous styles confondus, et ce, depuis le 2 novembre. Pour satisfaire les curieux, l’un de ces deux cours est facultatif. Les organisateurs souhaitent également mettre en place deux horaires par style, afin de répondre à la diversité du public inscrit. Liberté d’expression et cohésion sont des notions sur lesquelles Addamson insiste fortement, afin de définir l’approche artistique et pédagogique de l’association qu’il préside. La danse HIP-HOP est le résultat d’un métissage historique, elle évolue et mute perpétuellement, forme artistique autonome ou forme d’expression libre, son potentiel est illimité. La liberté d’expression est la raison de vivre des styles comme « l’expérimental » et «  l’abstract  », les ateliers de recherche chorégraphique travail sur l’exploration de ce potentiel. Rien est arrêté, voilà pourquoi les archétypes exècrent Addamson, voilà pourquoi il faut s’affranchir, selon lui, de tout courant consensuel, du mercantilisme ambiant, aux antipodes du mouvement Hip-Hop et de ses origines. Pris à la légère ou délaissé par certains, ceux qui profitent de l’engouement populaire pour le HIP-HOP et participent à ses dérives, le suivi pédagogique des élèves est une priorité pour les intervenants d’Urban Expression. Leur implication dépasse largement celle du cours, ils soutiennent assidûment les élèves, ils les encouragent à être candidats aux castings et aux compétitions du moment. « Nous aimons ce que nous faisons, et du coup nous le faisons bien » une dévotion qui légitime pleinement la cohésion sociale, culturelle et humaine souhaitée par les fondateurs de l’association.

Projets en cours, projets à venir

Au-delà des cours de danse à Francisco Ferrer, Urban Expression désire multiplier et diversifier les évènements culturels. Compétitions, expositions, projections cinéma, ou bien encore festival de courts-métrages, autant d’ambitions envisagées par les fondateurs, qui participent à la volonté commune de promouvoir la culture Hip-Hop sous toutes ses formes. L’association s’est déjà greffée à plusieurs projets, outre l’organisation d’une compétition qui verra le jour prochainement, ils participeront également à la future Nuit du Sport qui se déroulera à Francisco Ferrer. Enfin, dans le cadre de l’exposition intitulée « Urban-Poétique », leurs talents de danseurs seront mis à contribution pour le défilé qui se tiendra le 22 novembre au parking de l’esplanade Charles de Gaulle.

Les projets à long terme

Afin de pouvoir se réunir régulièrement, les membres d’Urban Expression souhaitent bénéficier d’un local, qui leur fait jusqu’à présent défaut. Les objectifs associatifs sont encore nombreux et ambitieux puisque les danseurs sont aussi vidéastes. Ils souhaitent réaliser des reportages sur les courants, sur l’histoire du Hip-Hop en France, ainsi que des vidéos pédagogiques et des « démo ». Leur site Internet, dont la première version sera mise en ligne à la fin du mois, devra, à l’avenir, héberger toutes les réalisations audiovisuelles ainsi projetées.

Si vous souhaitez pratiquer une des nombreuses danse HIP-HOP dispensées par Urban Expression (ou si vous êtes sensibles aux arts urbains), voici quelques contacts, en attendant l’arrivée de leur site sur la toile :

http://www.urban-expression.fr/

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