Court Métrange… 8e édition. Le festival rennais du court métrage insolite et fantastique lève le voile sur sa programmation. Une fois de plus, l’événement a réussi à convaincre de sa légitimité… Subventions et partenaires sont au rendez vous pour supporter ce festival décalé. Légitimité apportée aussi par le public, fidèle, gourmand de terreur et de sensationnel, avide d’étrangeté et de poésie macabre.

 

De l’animation, de l’asiatique, des fils américains ou mexicains, des conférences pointues et des expositions d’affiches de films de la Hammer, le panel est large et varié pour les amateurs. Le festival propose également un bal des vampires, le samedi 22 octobre, à partir de minuit, à l’espace des deux rives. Entrée gratuite mais tenue vampirique exigée.

Cette année, c’est Jean Pierre Dionnet qui préside le festival. Grand amateur de films de genre, du péplum à jupettes en passant par le western de zombies nazis, cette figure légendaire ,à la diction et l’enthousiasme si particulier, apporte un crédit indéniable au festival de l’insolite… c’est certain. Associant également les campus de Rennes I et Rennes II, avec notamment le drive in fantastique et une projection de films médiévaux, le festival se propage lentement mais surement. Il semble que la culture de l’Horreur soit désormais de bon ton… surtout quelques jours avant la fête de la Toussaint.

Midnight movies

Le cinéma fantastique, le cinéma d’horreur est un cinéma de contre culture, de série B… cinéma qu’on classe désormais dans la dénomination « genre »… Tous ces films devenus cultes puisque diffusés à petite échelle, dans les petits cinémas, généralement à la séance de minuit (Midnight Movies) ont été les pionniers de la distillation (et sacralisation) du mauvais goût, de la violence magnifiée et de la démocratisation du sexe et de la drogue…On parle là de contre culture puisque ces œuvres ont été réalisées en dehors du circuit hollywoodien alors tout puissant, en dehors des gros budgets et des communications professionnelles des studios vampires… si ces films sont devenus cultes et emblématiques pour des générations de cinéphiles, c’est parce qu’ils ne doivent leur succès qu’au bouche à oreille, à une certaine appropriation du public qui n’hésite pas à les revoir des dizaines de fois lors de ces séances de nuit, connaissant les dialogues et situations par cœur, instaurant par la même une véritable communion, un rite païen et libertaire.

Qu’en est il aujourd’hui ?

On n’est plus vraiment dans la contre culture… le film fantastique, ou horrifique, ou « décalé » a les pieds bien coincés dans les « starting block » de la compétition des « box office ». Le cinéma de genre prolifère et on ne compte plus la floraison de films de zombies et autres créatures de cauchemar, ce sont désormais des valeurs sûres de rentabilité pour les distributeurs et les vendeurs de pop corn… Encore faut il que le public français détiennent les vraies références afin d’apprécier les bons films…du genre.

Court Métrange ?

C’est déjà la septième édition pour ce festival décalé… Pourquoi « décalé » ? Parce que Court Métrange propose des films insolites et fantastiques, du film court où l’on n’hésite pas à réveiller les morts, leur donnant en pâture des spectateurs avides de série B, du gore-ophage confirmé ou du cinéphile éclairé, curieux… Juste histoire de plonger dans un univers décalé, le format court oblige à une urgence, une intensité peut être obligatoire par le manque de moyens mais tout aussi remarquable sur le plan cinématographique, sur le plan visuel… Court métrange, huitième édition, donc, pour le plus grand plaisir des cinéphiles et cinéphages !